Quelles solutions pour se faire aider en de suractivité ?

Vous êtes nombreux à sous-traiter. Pour un nombre d’heures ouvrées qui, selon une étude de l’UAE, équivaut à 15 000 emplois à temps plein ! Comment faire au mieux de vos intérêts et de votre situation?

Recruter un collaborateur : un pari périlleux.

En tant qu’auto-entrepreneur, vous en avez parfaitement le droit au même titre que n’importe quelle entreprise. Mais en avez-vous les moyens ? Avec les plafonds de CA, il est économiquement inenvisageable de recruter un collaborateur sur une longue période. Vous devrez en effet vous acquitter de charges patronales et de charges sociales qui vont grever d’autant vos revenus et dont aucune ne pourra être déduite fiscalement.


Le choix reste toutefois envisageable si vous avez des perspectives certaines de développement qui vous font déjà envisager une sortie du régime à moyen terme pour évoluer vers un nouveau statut d’entreprise, type SARL, EURL, ou SASU.


En ce cas, si votre besoin est encore ponctuel, optez dans un premier temps pour le Titre Emploi Service Entreprise qui vous simplifie la gestion à l’embauche : déclaration, contrat, paie, certificat…

Sous-traiter auprès d’autres auto-entrepreneurs : des conditions fiscales dissuasives.

Exemple : un formateur accepte une mission importante mais ne peut déployer le programme dans les délais impartis. Il peut donc faire appel à un autre auto-entrepreneur ayant ses compétences pour renforcer la structure ponctuellement. Mais dans ce cas, il aura à payer des charges très importantes sur le montant global de la facture, y compris le montant correspondant à la prestation de son partenaire puisqu’aucune déduction de charges n’est possible et que le calcul fiscal s’effectue sur le chiffre d’affaires. Les charges afférentes à la mission sous-traitée seront au final payées deux fois : par le donneur d’ordre et par son partenaire !

C’est donc une solution contraignante et coûteuse qui n’a de sens que si vous souhaitez rester l’unique interlocuteur de votre client, votre partenaire du moment restant un concurrent potentiel…

Travailler en réseau : pratique, mais une relation commerciale à manager.

Cette solution est d’un point de vue gestion, la plus simple et la plus économique à mettre en œuvre. Dans ce cas chaque auto-entrepreneur mobilisé dans l’équipe pour faire face au surcroît d’activités pourra facturer individuellement votre client.

Les problèmes à résoudre ici sont d’ordre commerciaux. Dans le cadre d’une activité B2B, votre client donneur d’ordre peut en effet mal percevoir ce montage, qui dans les faits le positionne en maître d’œuvre devant gérer de front plusieurs prestataires indépendants, là où il souhaitait traiter une fois pour toutes auprès d’une seule entité.

Une telle organisation est possible à la condition expresse qu’elle soit parfaitement rodée et non pas élaborée de façon opportuniste et à la va-vite.

Quelques points à contrôler :

Vous connaissez parfaitement les prestataires qui vous accompagnent sur la mission.
Vous présentez en amont à votre client, avant la signature de votre engagement, l’équipe que vous mettez en place pour le satisfaire.
Vous vous engagez à valider toutes les factures que votre client recevra pour assurer la tenue du budget global et contrôler leur travail dans le bon respect du planning.
Vous vous assurez que vos équipiers sont à jour de leurs obligations sociales et qu’ils déclarent bien leur prestation. En cas de travail dissimulé, vous pourriez être condamné à régler leurs propres charges.

Recruter un stagiaire : oui, mais en respectant les contraintes légales.

Recruter un stagiaire est une excellente solution pour vous libérer du temps, notamment pour prospecter et visiter vos clients, tandis que votre stagiaire peut assurer des tâches de gestion. Le stage d’une durée qui ne peut pas excéder 6 mois doit faire partie de son cursus. Il s’inscrit donc dans un process d’acquisition de compétences requises dans le cadre de ses études. Vous devez donc veiller à l’attractivité des missions confiées.

Quelques points importants à noter :

Une convention tripartite doit être signée par l’école, le stagiaire et vous-même.
Vous êtes tenu d’indemniser votre stagiaire 554,40 €/mois à partir du 1er septembre 2015.
Vous devez lui accorder des congés de 2,5 jours par mois, sans être tenu de les rémunérer.
Vous ne pouvez pas réengager tout de suite après son départ un autre stagiaire. Le délai légal correspond à la moitié de la période du stage précédent. Exemple : Vous avez recruté un stagiaire pendant 6 mois. À son départ il vous faudra attendre 3 mois avant de réengager quelqu’un d’autre.
Côté assurances, vérifiez que votre responsabilité civile professionnelle intègre l’accueil de personnes chez vous. Le stagiaire doit également avoir un statut étudiant pour bénéficier de la sécurité sociale.