Les faux pas à éviter - Bien préparer son lancement

Il y a bien des raisons pour devenir auto-entrepreneur. Toutes ne sont pas forcément bonnes. Voici quelques décisions, attitudes ou réflexes qui pourraient faire chuter votre projet. Attention à la marche…

Se ruer sur le régime sans discernement.

Tout le monde connaît les avantages du régime et principalement celui de réduire les risques au minimum par une fiscalité avantageuse. Et pourtant cela peut être une erreur dans certains cas. En particulier si vous avez d’importantes charges d’exploitation : achat de matières premières, de biens, sous-traitance… En effet, ce que vous déclarez en tant qu’auto-entrepreneur, c’est votre CA et non votre marge ! Si vous achetez 100 pour refacturer 110 à votre client, vous serez taxé sur votre prix de vente 110, sans décompte de vos achats.

Craindre de se faire piquer son idée.

Préparer votre projet dans l’ombre, à l’abri des regards espions pour protéger votre idée, c’est … une mauvaise idée. Un concept ou une idée non brevetés pourront toujours être copiés sans recours. Et votre idée est-elle si originale que cela ? Souvent, c’est l’énergie que l’on met dans un projet qui en fait le succès plus que son caractère exceptionnel. Comme dit l’adage : souvent imité, jamais égalé ! Au contraire, plus vous parlez de votre idée autour de vous et plus vous la testez, ainsi que la façon dont vous en parlez pour convaincre et ceux que vous mettez dans la confidence peuvent vous contribuer à améliorer votre projet.

Passer de la visibilité au repli.

Le plus souvent, on tire une certaine fierté à entreprendre et on veut le faire savoir à la terre entière. Puis viennent les premières difficultés, l’activité plus prenante que prévue… On ne compte plus les heures parfois faiblement rémunérées rapportées au temps passé. Le piège se referme : on s’isole, on refuse des sorties, des rencontres en réseau, on privilégie le télétravail…
Or à trop se replier, on cesse d’être un entrepreneur. Il est important pour vous et l’avenir de votre entreprise de garder le même niveau d’engagement social des débuts en gardant une importante fréquence de contacts avec vos clients, prospects, partenaires…

Croire que les clients viendront d’eux-mêmes.

Certes il est facile d’obtenir le statut d’auto-entrepreneur. La tentation est de s’inscrire d’abord et pour le reste de voir venir… Pourtant en amont, votre plan de contacts prospects/clients, le développement de votre réseau sont vos priorités car « fabriquer » un client prend du temps. N’oubliez pas qu’après deux ans sans déclarer de chiffre d’affaires, vous serez purement et simplement radié du régime…

Présenter le régime auto-entrepreneur comme un avantage.

Certains auto-entrepreneurs mettent en avant leur statut pour justifier des prestations plus compétitives. C’est une double erreur. D’une part, le régime peut susciter le doute chez certains donneurs d’ordre sur la solidité de l’entreprise et la qualité de ses prestations. D’autre part en vous servant de cet argument pour afficher des prix plus bas que le marché vous alimentez encore cette suspicion. Défendez vos prix comme n’importe quelle autre entreprise, sans cacher votre statut, sans le promouvoir non plus et devant un prospect critique, valorisez vos références clients et votre expertise.

Faire concurrence à son employeur.

Le régime permet à un salarié de développer son activité en indépendant. Veillez à ce que cette dernière n’ait aucun lien avec les missions définies dans votre contrat de travail. De même, vous vous interdisez le portefeuille de clients de votre employeur. Vous enfreindriez les clauses de non-concurrence et risqueriez un licenciement pour faute.

Devenir auto-entrepreneur pour décrocher un job.

Attention aux employeurs qui profitent du régime pour remplacer un emploi par de la sous-traitance. Vous êtes « embauché » mais en tant qu’auto-entrepreneur. Vous perdez les protections sociales du salarié. Du reste, cet arrangement est illégal et en cas de rupture vous pourriez faire requalifier votre contrat aux prud’hommes comme du salariat. De toute façon, si vous devenez auto-entrepreneur, c’est pour développer votre propre activité et votre clientèle et certainement pas pour dépendre à plein-temps d’un seul donneur d’ordre.