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Exercer plusieurs activités : être Auto-Entrepreneur multi-service - Le régime Auto Entrepreneur

Pour sa facilité, le régime Auto-Entreprise est considéré comme le statut idéal pour exercer une activité complémentaire. Mais il y a quelques règles à respecter : suivez le guide !

Slasher, vous avez dit slasher ?

On les appelle les slashers ou, plus classiquement, les entrepreneurs multi-services. Ils sont de plus en plus nombreux à profiter de la souplesse régime Auto-Entrepreneur pour cumuler plusieurs activités. Concrètement, le cumul d’une activité salariée et d’une autre en indépendant est popularisé depuis bien longtemps. En effet, la facilité du régime Auto-Entrepreneur a été considéré comme une position idéale pour dégager une revenu complémentaire.

Au sujet des slashers, Xavier Delpech rappelle dans son guide :

 “Cette tendance se renforce par rapport à 2015 où ils n’étaient que 64%. Le tiers d’entre eux exercerait même cette deuxième activité par passion. La création du régime de l’auto-entrepreneur, qui a simplifié l’exercice légal d’une activité complémentaire constitue l’une des explications de l’explosion de ce phénomène”.

Pour ces raisons entre autres, il n’existe pas deux Auto-Entrepreneurs semblables. En toute logique, les motifs pour se lancer dans l’aventure de l’indépendance, le choix des activités et des manières de les pratiquer sont aussi diversifiés qu’il y a d’Auto-Entrepreneur. C’est notamment ce qui rend ce régime si intéressant : il offre un cadre précis, juridique et administratif pour l’exercice d’un métier tout en garantissant, autant que faire se peut, la liberté d’entreprendre à sa manière.

Sachez cependant que ce qui implique un cumul d’activités signifie également cumul des cadres réglementaires. Voici un petit tour d’horizon des conditions des législations qui concernent les slashers.

Se poser les bonnes questions avant de se lancer

1/ L’Auto-Entrepreneur dit “multi-services”

Il faut tout d’abord savoir que cumuler les activités ne signifie pas cumuler les Auto-Entreprises. Il n’est effectivement possible de s’immatriculer qu’une seule fois. Sous cet unique numéro d’immatriculation dit SIRET, il est alors envisageable de déclarer deux professions. Enfin, il peut y avoir deux cas : soit ces deux activités sont de nature différente soit elle elles sont de même nature. Pour être plus précis, parlons de types d’activités.

Imaginons Myriam, architecte qui, pendant son temps libre, souhaite mettre ses compétences linguistiques à contribution pour exercer l’activité de traductrice. Ou encore Arthur, coiffeur passionné de mécanique automobile qui propose la réparation de véhicules dans son entourage ou sa ville. Il s’agit pour ces deux cas d’un cumul d’activité de même type : activités libérales pour Myriam, activités de prestations de services artisanales pour Arthur. Les Auto-Entrepreneurs Myriam et Arthur devront déclarer l’activité qui leur fournit le plus gros revenu en activité principale, l’autre métier en activité secondaire. Leur chiffre d’affaires total, soit la somme des chiffres d’affaires annuels de leur deux activités réunies, ne pourra pas dépasser le seuil maximal de leur catégorie : 70 000 € pour Myriam et Arthur.

Maintenant, si les activités cumulées par la même personne sont de catégories différentes, il faut également surveiller le chiffre d’affaires. Prenons Jean-Luc, psychologue reconverti, anciennement artisan menuisier (avec vente de marchandises), souhaite cumuler ces deux activités. Son activité principale est celle qui lui rapportera plus de la moitié de ses revenus globaux. Dans son cas, admettons que c’est sa profession de psychologue qui lui assure la majeure partie de ses revenus. Il paiera donc ses charges sociales de l’intégralité du chiffre d’affaires de ses deux revenus sur le régime libéral. Et Jean-Luc devra prendre garde à son chiffre d’affaires total : il ne doit pas dépasser le seuil de la catégorie libérale, soit 70 000€.

S’il s’agissait du contraire, soit Jean-Luc se rémunère principalement grâce à son activité de menuisier et passe celle-ci en activité principale, reléguant sa profession de psychologue à une activité secondaire. Alors son chiffre d’affaires total issu de ses deux activités ne devra pas dépasser le seuil de la catégorie artisan avec ventes de marchandises, soit 170 000 €. Son taux de cotisation sera celui de de cette même catégorie (12,8% en base minimale).

2/ Salarié et auto-entrepreneur

C’est le cas le plus relayé : celui du salarié qui souhaite déclarer une activité complémentaire sous le statut Auto-Entrepreneur. D’une manière générale, les salariés désireux de tenter l’aventure doivent en premier lieu consulter le contrat conclu avec leur employeur. Selon le secteur voir même la conjoncture, les possibilités peuvent être réduite. Les clauses de non concurrence dans le privé par exemple ou encore l’obligation de dédier toutes ses tâches professionnelles et rémunératrices dans le secteur public peuvent être un frein à la possibilité d’entreprendre en indépendance.

En dehors des secteurs très strictes, es termes et les cadres des contrats sont extrêmement variables, la règle d’or est donc de se référer à ce contrat et, dans la plupart des cas, de communiquer votre ambition de devenir Auto-Entrepreneur à votre hiérarchie. Si à la suite de ces consultations, la voie est libre pour exercer votre profession secondaire en Auto-Entrepreneur, vous n’avez plus qu’à entamer le processus de déclaration de votre activité.

Dans les faits, l’Auto-Entrepreneur salarié cumule également les cotisations auprès du régime général et du régime des travailleurs non salariés.

Pour conclure, dans le cas où vous souhaiteriez cumuler emploi salarié et activité Auto-Entrepreneur, notez que :

  • ce doublement des cotisations n’étend pas vos avantages sociaux (retraite, couverture sociale)
  • Vous pouvez conserver et entretenir votre activité en Auto-Entrepreneur durant un arrêt de travail salarié : congés maternité/paternité, maladie, …
  • Il existe des congés spécifiques pour les salariés qui, après accord de leur entreprise, souhaite se concentrer sur le lancement de leur projet d’Auto-Entreprise. Ce congé pour création d’entreprise peut s’étendre sur une année et permet au salarié de toujours compter parmi les effectifs de son entreprises. Pour ces mêmes raisons, il est aussi possible que le porteur de projet salarié demande à bénéficier d’une période de travail à temps partiel.