Ze Plombier, de l'Auto-entrepreneur à l'Entreprise Individuelle : les étapes du succès.


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Pierre-Olivier Clerc, dirigeant de Ze Plombier, a crée à 21 ans sa première entreprise sous ce régime. Aujourd'hui, le succès aidant, il a choisi d'évoluer vers le statut d'Entreprise Individuelle. Sa compagne et associée Sonia Boury nous explique pourquoi et comment.

Sonia Boury et Pierre-Oliver Clerc Ze Plombier intervient à bord de son triporteur à assistance électrique en un temps record dans les moindres rues piétonnes du centre-ville de Nantes. Une aubaine pour les résidents et les nombreux commerçants qui lui ont très vite accordé leur confiance.


 

> Planète auto-entrepreneur : Comment avez-vous décidé de vous lancer en Auto-entrepreneur?

 

Sonia Boury : En visitant un salon professionnel, nous avons été conseillés sur ce régime. C'était pour nous la meilleure formule, la plus simple et la moins risquée, d'entreprendre.

> PAE : Pourtant le régime est moins intéressant pour les activités artisanales.


SB : C'est vrai à cause des achats que l'on ne peut pas reporter sur le compte d'exploitation puisque l'on ne déclare que le chiffre d'affaires. Mais dans notre cas, une fois effectué l'investissement en matériels, nous avons peu de charges puisque nous intervenons en vélo.

> PAE : Quels avantages avez-vous trouvé au régime Auto-Entrepreneur ?


SB : Cela nous a permis de tester sans risque et très facilement notre modèle. C'est très rassurant de ne pas avoir à payer de charges au RSI avant de facturer. De plus Comme Pierre-Olivier était demandeur d'emploi à la création, nous avons pu profiter du dispositif Accre d'exonération des charges sociales pendant 1 an.

Nous avons eu un souci avec l'assurance de la garantie décennale. Heureusement, La Macif qui a compris notre situation et notre plafond de revenus à 32 600€ nous a accordé une assurance 3 fois inférieure aux tarifs habituellement pratiqués.

> PAE : Quelles sont les limites du régime qui vous ont incités à le quitter ?


SB : C'est d'abord le plafonnement du CA. Les débuts ont été difficiles : des mois à 500€ de CA, mais le temps de nous faire connaître, dès le premier exercice, nous avons réalisé 15 000 € sur le dernier quadrimestre ! On s'est dit qu'à ce train-là, l'Auto-entrepreneur ne pouvait pas être une solution durable. Nous avons eu raison car en 2012, nous avons réalisé 70 000€ de CA et qu'en 2013, nous avons atteint le CA de 2011 dès le 1er trimestre.

De plus, en Auto-entrepreneurs, nous avions un problème avec les entreprises clientes, que nous ne pouvions facturer qu'en net. Celles-ci ne pouvaient donc pas récupérer la TVA qui est à 19,6% dans le bâtiment. Or pour notre développement dans les zones piétonnières du centre de Nantes, les commerçants représentent le plus gros potentiel d'affaires.

Enfin, il se trouve que nous avons gagné le prix Envol 2011 décerné aux Auto-entrepreneurs par le MOOVJEE ( Mouvement pour les jeunes et les étudiants entrepreneurs). Or une des conditions pour percevoir la dotation de 5 000€ était de quitter le régime pour un statut d'entreprise à part entière avec pour vocation de créer de l'emploi.

> PAE : Au moment d'évoluer, quel statut avez-vous choisi et pourquoi ?


SB : Notre comptable nous a conseillé l'Entreprise Individuelle. La SARL nous a tentés, mais déjà le changement de statut coûte 2000€ et si nous avions un pépin, il ne nous était plus possible de remonter une structure avec une forme juridique plus simple comme l'EI. Nous préférions avancer prudemment.

> PAE : Que conseilleriez-vous à nos lecteurs qui, comme vous, souhaiteraient opter pour l'EI ?


SB : Tout d'abord d'être au clair sur leur prévisionnel et cela pour deux raisons.
La première, c'est qu'en E.I, on devient caution de son activité sur ses biens propres, donc attention aux problèmes de règlement des fournisseurs qui peuvent se retourner contre vous quand l'entreprise n'est pas solvable.

La seconde, c'est qu'au contraire du régime Auto-entrepreneur, quel que soit le montant de votre activité, vous devez payer les charges du RSI en prévisionnel et celles-ci, en ce qui nous concerne, sont passées de 6% sur le CA à 40% sur le résultat ! En revanche les avantages de l'EI résident dans le déplafonnement de notre CA, la déclaration fiscale du résultat d'exploitation et non plus du CA. Nous pouvons également facturer la TVA et la récupérer sur nos achats, ce qui nous rend plus légitimes aux yeux de nos clients professionnels. Nous n'avons rien eu à payer pour le changement de statut et notre assurance de garantie décennale n'a pas augmenté.

> PAE : Est-ce que ce changement de statut vous a amené à revoir vos tarifs ?


SB : Nous nous sommes contentés de convertir nos prix nets en prix hors taxe et avons légèrement augmenté nos frais de déplacement de 15 à 20€. En démarrage d'activité, rester compétitif reste une priorité.


 

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